Ce qu'un kinésithérapeute ou un infirmier libéral doit avoir fait, en combien de temps, et comment le prouver. Y compris l'axe 4, celui que presque personne n'avait vu venir.
La certification périodique n'arrive pas : elle est en vigueur depuis le 1er janvier 2023. Ce qui manquait jusqu'ici, c'était le mode d'emploi. Deux décrets du 26 décembre 2025 ont fixé les règles de contrôle et de suivi, puis l'arrêté du 26 février 2026, publié au Journal officiel le lendemain, a rendu publics les référentiels de chaque profession.
Autrement dit : pendant trois ans, l'obligation existait sans que personne ne sache précisément ce qu'il fallait faire. Depuis février 2026, on le sait. Et ce qui est précis devient contrôlable.
La certification périodique est définie comme une procédure indépendante de tout lien d'intérêt, qui vise à garantir, à échéances régulières au cours de la vie professionnelle, le maintien des compétences, la qualité des pratiques, l'actualisation et le niveau des connaissances.
Elle découle de la loi du 24 juillet 2019 et de l'ordonnance du 19 juillet 2021, et figure aux articles L. 4022-1 et suivants du code de la santé publique.
Les sept professions de santé dotées d'un ordre : médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, pharmaciens, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes et pédicures-podologues. Le mode d'exercice ne change rien : libéral, salarié, hospitalier, mixte, l'obligation est la même.
Le développement professionnel continu reste ce qu'il est. La certification périodique l'englobe : une action de DPC peut compter dans votre parcours de certification, mais le DPC seul ne suffit plus à couvrir les quatre axes.
La différence de fond tient en un mot : la traçabilité. Il ne s'agit plus seulement de se former, mais de pouvoir démontrer, sur six ou neuf ans, que l'on a couvert quatre domaines distincts.
La durée de votre première période dépend d'une seule chose : exerciez-vous déjà au 1er janvier 2023 ?
Neuf ans peuvent paraître confortables. Ils ne le sont pas : huit actions réparties sur quatre axes, dont certaines demandent une démarche collective ou une évaluation de pratiques, cela ne s'improvise pas la dernière année. Et les actions déjà réalisées depuis 2023 ne comptent que si vous en avez gardé la trace.
Si vous cessez d'exercer pendant plus de trois ans au cours d'un cycle, celui-ci prend fin. Un nouveau cycle démarre à la reprise. Utile à connaître en cas de congé parental long, de reconversion temporaire ou d'arrêt prolongé.
Elle dépend de votre situation individuelle et c'est votre ordre qui vous la notifiera, via le compte personnel de certification. Ne construisez pas votre planning sur une date lue sur un blog, y compris celui-ci : vérifiez-la auprès de votre ordre.
Les quatre axes sont communs à toutes les professions à ordre. Ce qui change d'une profession à l'autre, c'est la liste des actions reconnues dans chaque axe, fixée par le référentiel de votre conseil national professionnel et validée par la Haute Autorité de santé.
Le terrain le plus familier : formation continue, DPC, formation diplômante, congrès, lecture critique. C'est l'axe que vous remplissez déjà sans y penser.
Évaluation des pratiques professionnelles, gestion des risques, analyse de pratiques entre pairs. On ne démontre plus ce que l'on sait, mais ce que l'on fait.
Communication, éthique, information et consentement, droits des patients, annonce difficile, littératie en santé.
Le seul axe qui ne parle pas du patient. Il porte sur votre propre état de santé, physique et mental. C'est l'objet du chapitre 05.
Vous ne pouvez pas compenser un axe par un autre. Douze actions dans l'axe 1 et zéro dans l'axe 4 ne valident pas votre cycle. C'est la différence la plus coûteuse avec l'ancienne logique du DPC, où l'on cumulait des heures sans répartition imposée.
Deux actions minimum par axe, soit huit actions au minimum sur le cycle. Dans les axes 1 et 2, l'une des deux est imposée par sa nature. Dans les axes 3 et 4, les deux sont libres, à choisir dans la liste du référentiel de votre profession.
Ce tableau reprend la structure publiée pour les masseurs-kinésithérapeutes. La logique est la même pour les autres professions à ordre, mais le détail des actions admises varie : reportez-vous à l'annexe qui vous concerne dans l'arrêté du 26 février 2026.
Rien ne vous empêche d'en faire davantage, et une même action ne peut être comptée que dans un seul axe. Choisissez vos actions en fonction de votre formation initiale, de vos activités dominantes, de votre environnement de travail et de vos projets : c'est ce que demande explicitement le référentiel.
Pour la première fois, un texte réglementaire français demande à un professionnel de santé de s'occuper de sa propre santé, et en fait une condition du maintien de son exercice. Ce n'est pas un encouragement : c'est un quart de l'obligation.
Le raisonnement qui sous-tend l'axe 4 est simple, et il était attendu depuis longtemps : un soignant épuisé soigne moins bien. La fatigue chronique, les troubles du sommeil, la douleur qui s'installe et la charge mentale ne sont pas des affaires privées ; ce sont des facteurs de risque pour le patient.
Depuis la publication des référentiels, des organismes annoncent des formations qui « valident l'axe 4 ». Aucun organisme de formation ne valide un axe : c'est votre ordre qui apprécie la conformité de vos actions au référentiel.
Ce qu'un organisme sérieux peut vous fournir, c'est un programme qui se rattache explicitement à un objectif du référentiel, une attestation de réalisation en bonne et due forme, et sa certification Qualiopi. Le reste relève du démarchage.
Une action non tracée n'existe pas. C'est le changement le plus concret pour un libéral : la formation suivie il y a deux ans dont vous n'avez gardé ni l'attestation ni le programme ne comptera pas, même si elle était parfaitement pertinente.
Elles peuvent être intégrées à votre parcours, à deux conditions : qu'elles se rattachent à l'un des quatre axes, et que vous en ayez conservé la preuve. Si vous exercez depuis avant 2023, prenez une heure pour rassembler ce que vous avez déjà. Beaucoup de professionnels ont déjà deux ou trois actions valides sans le savoir.
Un dossier par axe, dans le cloud ou sur papier, et un tableau à cinq colonnes : date, intitulé, axe, organisme, justificatif. Cela paraît dérisoire à côté de neuf ans d'exercice. C'est pourtant ce qui vous fera gagner une demi-journée quand l'ordre vous demandera votre bilan.
Le suivi et le contrôle de l'obligation reviennent aux ordres professionnels. Le décret du 26 décembre 2025 en fixe les modalités et institue un compte individuel, où chaque professionnel dépose et conserve ses justificatifs.
Il n'y a donc pas lieu de paniquer, mais pas lieu non plus d'attendre. Un cycle ne se rattrape pas : les actions doivent avoir été réalisées pendant la période, pas après.
Nos parcours portent sur votre propre santé : récupération physique et mentale, sommeil, prévention des douleurs, charge mentale, prévention de l'épuisement. Douze heures, 100 % en ligne, avec attestation de réalisation et programme au format attendu par les financeurs.
Nous ne prétendons pas valider un axe à votre place : c'est votre ordre qui apprécie la conformité de vos actions. Nous fournissons le programme, l'attestation et notre numéro Qualiopi.
Le dispositif s'est précisé par à-coups pendant trois ans, et il continuera d'évoluer : déploiement du téléservice, mise à jour des référentiels par les conseils nationaux professionnels, ajustements des règles de financement.
Ce document reflète l'état du droit au 27 février 2026. Il a une visée informative et ne se substitue ni aux textes officiels, ni à votre ordre professionnel. Avant tout engagement, vérifiez le référentiel de votre profession et votre échéance individuelle.
Nous ne nous substituons pas à votre ordre, mais nous répondons volontiers à vos questions, même si vous ne vous formez pas chez nous. Réponse sous 48 heures ouvrées à desteuque@e-de.fr.